Pierre Boned est allé rider en haute montagne dans le domaine hors piste de La Grave. Voici le récit de son trip dans les Alpes...
Les boardbags et les sacs de couchage à l'arrière du monospace de Will, nous avons pris la direction de Briançon en vue de rider à La Grave. Nous avons rejoint dès le vendredi soir, le gite "Le Petit Phoque" où il y a moyen de dormir pour 13€ la nuit par personne.
Après une tartiflette, un verre dans un bar fréquenté par les locaux, et une bonne nuit au gite, nous prenons la direction de La Grave, 45 kms après Briançon et environ 25 kms après Serre Chevalier.
La Grave n'est pas une station de ski. Ici vous êtes en haute-montagne, sur un site non sécurisé où les conditions météo peuvent changer brutalement et où vous devez gérer votre insécurité.
Un téléphérique vous monte en 30 minutes environ à 3200m d'altitude dans un décor unique de grandes étendues glaciaires, de couloirs abrupts où vous pourrez tracer vos courbes selon votre inspiration et votre niveau, loin des pistes balisées et des pylônes.
Le téléphérique date de 1977, et a donc à quelque chose près mon âge. Tout est d'époque, même le bon gros diesel qui actionne la mécanique. Les cabines sont également d'origine.
En haut du glacier, la vue est magnifique. Je ne suis pas habitué à mitrailler de photos l'environnement dans lequel je ride, mais là, je ne peux que succomber au charme des décors vertigineux que nous offrent les Alpes.
Ce domaine n'est pas très fréquenté, et la majorité des personnes qui s'y aventurent s'entourent généralement d'un guide et sont équipés de baudriers et d'équipements pour pouvoir sortir des crevasses. En effet, le glacier, outre sa beauté enivrante, recèle des pièges non négligeables comme des crevasses, des corniches ou encore des couloirs d'avalanche.
Le domaine culmine à 3600 mètres. A cette altitude, et sans compter les efforts fournis pour descendre les 2250 mètres de dénivelés, les visages sont également marqués par le froid.
Le domaine offre beaucoup de décors variés. Le haut est très rocailleux, alors que le bas est plus forestier.
Rien n'est balisé. Alors il faut modérer sa vitesse. Même si la visibilité est bonne, il n'est pas rare de ne voir qu'au dernier moment un rocher qui dépasse de la neige. Et puis lorsque qu'on ne voit plus ce qu'il y a derrière une bute, il vaut mieux s'approcher doucement car en général, il y a une corniche avec des rochers en dessous, ou un couloir vertigineux dans lequel a coulé une avalanche.
Nous nous sommes aventurés dans un couloir où nous avions du mal à tenir debout sans glisser tellement la pente était raide. Au final, on a pris une bonne grosse décharge d'adrénaline.
Au bas du domaine, le spectacle n'en reste pas moins beau. On termine au pied d'un ruisseau qui s'écoule au milieu de la forêt.
Après une superbe journée de ride dans ces conditions particulières de hors piste en zone non sécurisée et sous notre propre responsabilité, on voit la montagne différemment. On touche du doigt les dangers qu'elle recèle. La Grave n'est pas un domaine pour tout le monde. Il faut avoir un niveau plus que correct que ce soit à ski ou en surf, et il vaut mieux dans tous les cas s'entourer d'un guide qui vous fera découvrir sans risque les ressources du domaine.
Après une deuxième tartiflette, nous n'avons pas fait de vieux os et sommes directement retournés nous coucher pour attaquer en forme la deuxième journée.
Nous avons décidé d'aller voir ce que les autres domaines nous offraient en matière de hors piste. Notre choix s'est porté sur la station de Montgenèvre, domaine à cheval sur la France et l'Italie.
Nous avons pu encore admirer les Alpes sous un autre angle, et notamment le pic Rochebrune qui culmine à plus de 3300 mètres.
Au final, nous aurons fait le tour du domaine skiable de Montgenèvre, que ce soit en hors piste ou en bordercross. Les pistes, on les laisse aux skieurs ;)