Vendredi 6h50 du matin, embarquement à bord de l'avion qui nous conduit jusqu'à Lisbonne pour prendre la correspondance pour Natal.
Avec Thomas, on se la joue Chico do Brasil. Ca a fait sourire beaucoup de monde dans les aéroports.
Nous sommes arrivé à Natal à 19h50 heure locale, soit 00h50 heure française. Le contraste avec la France au niveau température est toujours impressionnant à cette période. Le matin avant de prendre la voiture, il avait gelé sur la carrosserie !
Dès notre arrivée à l'aéroport, nous avons récupéré la voiture de location et avons tracé directement à Sao Miguel Do Gostoso.
Là bas, j'ai réservé des chambres dans la pousada Chantilly. L'endroit est sympa. Une piscine face à ma chambre, et la plage juste à gauche.
On nous avait dit qu'il n'y avait pas beaucoup de vent en ce moment dans la région. Or depuis notre arrivée, j'ai navigué en 9m² ces deux premiers jours. Hier 30 noeuds, aujourd'hui 25, et toujours dans une eau bien chaude et un soleil de plomb.
Après ce long moment sans kite et des mois de rééducation, j'envoie progressivement des figures. La cheville est encore fragile. Je ne suis pas confiant. Aujourd'hui j'ai replaqué des kiteloops et backloop kiteloops, mais ce soir j'ai du mal à marcher...
3ème jour au Brésil et 3ème jour de ride en 9 m². Un vent un peu moins fort aujourd'hui que les autres jours, mais ça l'a fait quand même.
Après des mois sans faire de kite à cause de mes fractures, je suis déjà à bout de force. Je n'ai plus l'habitude d'un tel rythme. Heureusement les petits déjeuners brésiliens sont là pour me redonner des forces avant d'aller naviguer.
4ème jour à Sao Miguel, le vent se fait un peu moins fort. Ce sera une navigation en 12 m² pour moi.
En milieu d'après midi, on range nos affaires pour prendre la route vers Natal où nous attend le loueur de voiture à la gare routière pour récupérer la Gol que nous avons empruntée.
A 21h, nous prenons un bus de nuit direction Fortaleza. Le bus possède des sièges qui s'inclinent dans une position quasiment couchée. Ils appellent ça "semi leito". Par contre il fait horriblement froid avec la climatisation dans ces bus.
Après avoir roulé toute la nuit, nous voici arrivé à 6h du matin à la gare routière de Fortaleza où nous tentons de trouver un moyen pour rejoindre le spot d'Icaraï de Amontada. Le bus pour là-bas n'étant pas dans la même gare routière, nous décidons de louer une autre voiture. Ce coup-ci, nous avons eu droit à une Chevrolet Classic, beaucoup moins pratique pour transporter les boardbags.
Une fois la voiture récupérée, nous partons en direction d'Icaraï.
Après plusieurs heures de route, nous voilà arrivés à la pousada Pais Tropical tenue par le français Alan Trancar que j'avais déjà eu l'occasion de croiser sur des événements kite en France.
6ème jour au Brésil, les choses se présentent toujours bien. Le vent est toujours là.
La pousada d'Alan, Pais Tropical, propose des cours de kitesurf qu'ils donnent à l'embouchure d'un rio, 9 km plus à l'ouest d'Icaraï. Cela forme une espèce de lagune, un véritable spot de flat, nickel pour le déhooké.
Avec Thomas, nous décidons de descendre en downwind jusqu'au spot. Les autres rejoignent la lagune en buggy par le bord de plage.
Encore 25 à 30 nœuds de vent pour cette première session à Icaraï.
Le lendemain, on naviguera au même endroit après encore un downwind. Le vent sera presque aussi fort dans la lagune.
8ème jour, seul jour où le vent se montre faiblard et ma motivation également. Donc pas de kite pour moi.
Le lendemain, nous reprenons la route, direction Barra Grande qui se situe encore plus à l'ouest d'Icaraï de Amontada.
Nous traversons des décors magnifiques. C'est surprenant comme le paysage, la végétation, et également la route, peuvent changer de kilomètres en kilomètres.
Nous arrivons en fin d'après-midi à Barra Grande. La nuit va bientôt tomber, donc pas le temps de se mettre à l'eau. Mais le vent est toujours présent, ce qui est rassurant car on nous avait annoncé que cette année le vent se faisait rare dans la région.
Le soir, nous en profitons pour continuer la tournée des restaurants locaux et des churrascaria du village. Nous y mangeons poisson et picanha, viande excellente typique du Brésil.
10ème jour. Nous nous éveillons dans la pousada do Fred, situé à 50 mètres de la plage.
Le vent est toujours là sur Barra Grande.
Le plan d'eau n'est pas phénoménal. Néanmoins, il y a de quoi s'amuser. Le vent flirte facilement avec les 30 nœuds toute la journée pour s'apaiser un peu le soir au couché du soleil.
12ème jour. Après deux jours de navigation intense à Barra Grande, nous voilà reparti sur la route dès le matin en direction de Parnaiba dans le but de visiter le parc du Lençois et de rejoindre le village d'Atins.
Nous décidons de ne pas beaucoup nous charger, le but n'étant pas de faire du kite, mais plutôt de visiter. Néanmoins, Fred, le gérant de la pousada, nous incite à prendre une aile car on risque de regretter de pas pouvoir naviguer là-bas si le vent est présent.
Une aile et 2 t-shirts chacun, on se charge très peu car on sait qu'on va devoir abandonner le véhicule pour aller à destination. On laisse donc sacs de fringues et boardbags à la pousada.
Après plusieurs heures de route, nous voilà au delta du Parnaiba. La mangrove y est reine. On décide de le visiter à bord d'un petit bateau à moteur en espérant voir des crocodiles et autres animaux sauvages qu'on pourrait trouver dans ce genre d'endroit.
Même si le décor est splendide, nous sommes un peu déçu car nous n'aurons pas vu de crocodile ni de serpent d'eau. Juste quelques poissons bizarres avec des yeux au dessus de la tête qui sortent juste de l'eau, ainsi que des crabes rouges.
A la fin de notre tour dans le delta, nous reprenons la route, direction la ville de Tutoia où nous ferons escale pour la nuit dans la pousada Palace Hotel.
Dès notre réveil à Tutoia, nous partons à l'assaut d'un véhicule de type 4x4 avec des banquettes en bois avec 12 à 16 places qu'ils appellent "banderantes". Ces véhicules sont utilisés par les brésiliens principalement pour aller de chez eux à des villes plus grandes comme Tutoia.
En ce qui nous concerne, nous avons fait le trajet de Tutoia à Paulina Verdes pour 10 reals en 1h30, puis le trajet Paulina Verdes à Barreirinhas pour 15 reals de plus en 2h. Le périple se fait totalement dans le sable au milieu de dunes et de végétations apparaissant telles des oasis au milieu du désert.
Une fois à Barreirinhas, on ne trouve pas de bateau pour rejoindre Atins, un village qu'on nous a indiqué à Barra Grande. On nous propose des prix exorbitants pour un bateau privé. Sachant que ça nous coûterait bien moins cher le lendemain matin aux aurores avec un pêcheur du coin, nous décidons de partir à la visite du Parc Lençois.
De nouveau à bord d'une "banderante", nous voilà en direction des dunes du parc. Le parc Lençois est constiuté de lagunes au milieu de dunes et cela s'étend sur des kilomètres. Et on est surpris d'y voir de la végétation pousser dans le sable. C'est magnifique, et je pense que la vue d'avion doit être impressionnante.
Nous avons pu observer le coucher de soleil sur les dunes du parc Lençois avant de retourner sur Barreirinhas où nous avons passé la nuit à la pousada Igarape. Nous avons mangé un plat de viande avec du riz et de la farofa pour 2 reals, soit moins d'1 euro, dans une petite baraque en bord de plage.
A notre réveil à Barreirinhas, nous voilà partis à la recherche d'un bateau qui fait la liaison avec le village d'Atins pour seulement 7 reals.
Nous avons remonter le fleuve pendant 4 heures dans ce bateau en bois n'inspirant pas beaucoup confiance. Nous avons pu de nouveau voir la mangrove et des plages de sable avec des habitations précaires.
Après ces interminables heures de bateau, nous voilà débarqués à Atins, un village entièrement en sable. Les habitations sont directement posées dans le sable. Pas une route en goudron ou ne serait-ce qu'en terre. Le sable est très fin et rend la marche pénible dans les rues en plein soleil.
Nous partons à la recherche d'une pousada, mais la saison du parc Lençois étant terminée, elles sont quasiment toutes fermées. En demandant notre chemin à une posada fermée, et devant notre désespoir, le propriétaire nous prend en pitié et nous propose de nous ré-ouvrir sa pousada.
Il nous emmènera avec lui sur le spot de kite d'Atins, un endroit magique. Un spot de flat parfait pour le freestyle avec vu sur le parc Lençois. On naviguera jusqu'à la tombée de la nuit avant de retourner à la pousada ou nous dégusterons un poulet à la caipirinha.
Après avoir passé à peine quelques heures à Atins, le temps d'une session sur un spot fantastique au pied du parc Lençois, et d'une nuit dans la pousada de Del, ce brésilien fort sympathique qui nous a ouvert ses portes, nous voilà debouts prêts à reprendre la route.
Del, debout avant nous, s'est chargé de nous dégoter un pêcheur pour nous emmener à Cabure, village un peu plus haut sur le fleuve.
Le fils du pêcheur aux commandes de la barque à moteur, nous voilà partis pour moins d'une heure de trajet face au courant impressionnant du fleuve.
Pour 40 reals en tout, nous voilà tous les 3 débarqués à Cabure juste devant une pousada qui semble être le seul batiment de cette péninsule.
Nous trouvons là un gars avec son buggy prêt à nous emmener à Paulina Verdes pour 30 reals par personne. Encore un peu moins d'une heure de route sur le sable dur longeant la plage avec quelques incartades dans les dunes. Thomas et moi sommes assis en équilibre à l'arrière du buggy, mais l'expérience est énorme.
Le gars nous dépose à Paulina Verdes devant la maison d'un chaffeur de "Banderantes", ce qui doit nous ramener à Tutoia, là où nous avions laissé notre voiture de location.
Malheureusement, il nous faut attendre 3 heures avant de pouvoir repartir. Nous avons donc joué avec deux perruches que le chauffeur possédait. Après plusieurs morsures, j'ai réussi à m'amuser avec et à la prendre sur mon bras ou mon épaule.
Après une heure de taxi commun 4x4 dans le sable pour 10 reals, nous voilà de retour à Tutoia pour la nuit. Le lendemain matin, avant de reprendre la route, nous y achèterons des hamacs de très bonne qualité pour 30 reals chacun.
Nous laissons Tutoia et le parc Lençois derrière nous pour nous rendre à Prea, spot de kite assez venté (30-35 noeuds) à une douzaine de kilomètres de Jerricocoara. Après quelques heures de routes et de pistes défoncées où il est difficile de progresser rapidement avec un véhicule normal, nous arrivons à la pousada Lotus, établissement tenu par un couple de suisses et le plus luxueux que nous ayons fréquenté durant le trip.
La chambre est belle, bien décorée, et nous avons un box pour ranger le matériel, ainsi qu'une terrasse sur le toit pour checker les conditions sur le spot sans avoir besoin d'aller jusqu'à la plage 100 mètres plus loin. La chambre nous a couté 160 reals par nuit.
Prea est l'un des rares spots avec des vagues exploitables que nous ayons rencontrés durant notre voyage.
Un soir, nous avons décidé de passer la soirée à Jerricocoara, le spot de windsurf de la région. Pour s'y rendre, il n'y a que de la piste de sable. Donc impossible d'y aller autrement qu'avec un véhicule 4x4.
On nous a indiqué un bus qui s'y rendait, mais nous l'avons raté d'une heure suite à une incompréhension. Au final, c'est Jean, un brésilien psychopathe de la propreté, qui nous emmènera pour 20 reals à bord de son pickup flambant neuf qu'il époussette à l'aide d'un chiffon tout en conduisant.
En arrivant à Jerricocoara, nous sommes restés tous les 3 surpris de voir un endroit complètement différent de tout ce qu'on avait pu voir jusqu'à présent.
Jusque là, nous avions fréquenté des villages où les européens étaient rares et où il n'y avait pas d'ambiance. Jerricocoara m'a donné l'impression d'un village du club Med. C'est un village qui grouille d'européens, notamment des italiens, et où les prix sont bien plus élevés qu'ailleurs. Si le silence règne partout ailleurs, ici c'est le brouhaha permanent. Les restaurants, les bars, tout est plein. On se croirait à Lacanau en plein mois d'août.
Pour effacer notre déception, nous avons grimpé la dune de Jerricocoara malgré les effets des Caipirinhas ultra chargées que nous avons bues à jeun.
Le retour à Prea s'est fait par le bus que nous avions loupé à l'aller. C'est un bus qui fait la liaison de Jerricocoara jusqu'à Fortaleza. Cela nous a coûté 5 reals par personne.
Après 4 jours sur Prea avec de bonnes conditions de vent, nous rejoignons Fortaleza avec notre voiture de location. Nous y retrouvons le loueur et lui rendons le véhicule avant de prospecter pour le bus qui nous ramènera à Natal.
Au final, nous n'aurons pas eu longtemps à attendre car dans l'heure, nous étions déjà dans le bus de nuit en direction de Natal.
Après 8h30 de route pour 95 reals, nous voilà arrivés à la "rodovaria" (gare routière) à 6h00 du matin. Nous enchainons directement avec un bus pour Barra Do Cunhau. Là-bas, Philippe Roche, alias Filaip, nous a réservé un chalet dans la pousada Barravilla pour laquelle il ramène de la clientèle française.
Après deux nouvelles heures de bus, nous voilà à Barra où nous retrouvons Philippe, mais aussi Fred et Laurent, deux membres de mon association.
Nous étions déjà venus il y a 3 ans, mais le vent n'avait pas été de la partie. Nous avions navigué en 16 m². Cette fois-ci le vent a été bien meilleur malgré que ce spot reste le moins venté de notre périple. J'ai tout de même navigué en 9 m² mais parfois c'était limite.
Avec le phénomène des marées, la configuration change complètement en l'espace d'une après-midi. Il y a du flat pour le freestyle dans le rio, et des vagues à l'extérieur. Attention aux bancs de sable qui apparaissent avec la marée descendante.
Le soir du 5 novembre, jour de mon anniversaire, nous nous sommes rendus à Pipa pour manger un bout. Ce coup-ci, nous connaissions la combine, et avons pris la barge pour traverser le bout de rivière qui coupe la route entre Barra et Pipa. Pour 10 reals, l'expérience vaut le coup. Et c'est surtout plus rapide que de faire le grand tour d'une heure et demie.
Après deux jours de navigation à Barra Do Cunhau dans les conditions les moins bonnes que nous ayons eues depuis le début du trip, nous décidons de reprendre le bus jusqu'à Natal, pour ensuite prendre la navette qui va à sao Miguel Do Gostoso en passant par Tourros.
Après plus de 4 heures de bus, nous revoilà dans le premier village de notre séjour au Brésil. Nous nous rendons à la pousada Mar De Estrellas, où nous avons l'habitude d'y prendre nos repas du soir. Nous arrivons à négocier un tarif excellent pour nos 3 dernières nuits. Pour faciliter la négociation, la patronne nous offre même le goûter avec de succulents gâteaux ainsi qu'un bon jus d'ananas.
Les conditions de vent à Sao Miguel sont toujours aussi bonnes. Je navigue en 9 m², les autres en 7. Par contre, un arrivage de planchistes hollandais a envahi le spot. Néammoins, ça ne gâche rien au plaisir de naviguer là-bas.
Tout le long du séjour, nous avons eu un régime alimentaire particulier. En effet, nous avons pris l'habitude de seulement déjeuner le matin à 8h et de diner le soir à 20h. Le petit déjeuner étant bien copieux en général, avec des fruits, galettes de tapioca, gâteaux, etc., nous arrivions à tenir jusqu'au soir où nous mangions très bien avec des crevettes, du poisson, du poulet ou de la viande. A la pousada Mar de Estrellas, nous avons eu des invités au petit déjeuner. Des petits macaques perchés dans les branches sont venus attirés par l'odeur du petit déjeuner. Peu farouches, j'ai réussi à les nourrir directement à la main.
Durant le séjour, nous sommes rarement sorti le soir, la fatigue du kite aidant. Mais pour montrer le folklore local à Laurent et Fred, je les emmène à une soirée Forro. De cette soirée nous allons à une autre soirée pour Halloween où il y a pas mal de locaux que je connais. Malheureusement, cette soirée va mal finir car je me fais prendre à partie par 3 brésiliens éméchés. Résultats, des douleurs à la face mais pas de marques. Par contre la chair à vif sur pas mal d'endroits du corps, dont les pieds et les mains, ce qui va m'handicaper sérieusement pour les dernières sessions du séjour.
Le 10 novembre, après une ultime session de kite à Sao Miguel Do Gostoso, nous reprenons la route vers Natal où l'avion pour Lisbonne nous attend à 22h.
Ces 27 jours de trip ont été mémorables et c'est à contre-cœur que nous avons pris notre vol de retour. Le Brésil reste une destination magique pour le kite, mais aussi pour ses décors vraiment dépaysants. J'y retournerai sûrement une troisième fois... A suivre !